Une pépite des Journées Européennes du Patrimoine

Ce confinement nous assigne à domicile mais essayons de voir les choses de façon positive. Nous courrons tous après le temps et voici qu’il est suspendu, tout au moins ralenti pour bon nombre d’entre nous. L’occasion est trop bonne pour la laisser s’échapper… Nous en profitons donc pour revenir sur une belle découverte faite lors des Journées Européennes du Patrimoine de septembre 2020.

Quel plaisir de voir que certains propriétaires ont joué le jeu en ouvrant leur hôtel particulier, château, moulin et bien d’autres monuments historiques malgré ce contexte difficile.

Aux quatre coins de France se trouvent des pépites architecturales et historiques, parfois bien cachées, à l’abri des regards mais pour celui qui est curieux, ces journées permettent de les dévoiler.

Les moulins de Roquemengarde

Situés sur la commune de Saint Pons de Mauchiens (Hérault), sur les berges du fleuve côtier, ces deux bâtiments sont inscrits aux Monuments Historiques. Ils sont connus dans la région comme décors du film Cartouche tourné en 1962.

De nombreux moulins bladiers (à blé) ont été établis au Moyen-âge dans le cours du fleuve Hérault lors de l’extension de l’agriculture en plaine, notamment à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle. Ils sont isolés et fortifiés car ils abritent une richesse considérable et ils servent aussi à contrôler les passages. Celui de Roquemengarde, un des plus importants et des mieux conservés, au nord de Pézenas, est mentionné dès 1068, comme «
Rupis Ermenguarde », propriété d’Ermengarde, Vicomtesse de Carcassonne et de Béziers. Il est de nouveau mentionné en 1164, quand il est acquit par l’abbaye de Gellone, puis en 1219 lorsqu’il passe aux mains de l’évêque d’Agde.
Le moulin fonctionne jusqu’à la fin du XIXe ; au XXe siècle, la famille Lecomte en fait l’acquisition.

Il est composé d’un barrage et de deux tours carrées construites sur une plate-forme dallée. La tour Ouest, fortifiée, d’origine médiévale, est la mieux conservée. Les pièces voûtées des deux étages sont munies de meurtrières. Le rez-de-chaussée abritait les meules. La tour Est, côté berge, ne conserve de l’époque médiévale que son rez-de-chaussée. La restauration du milieu du XVIIe, par Pierre Pouget, reste inachevée. L’ensemble comprend également un logis rebâti à partir de 1646, conçu sur trois niveaux, avec l’ajout d’une extension au nord.

Chacun de ces bâtiments étant entouré de deux vannes, l’ensemble permettait de faire tourner quatre roues à aubes, et donc plusieurs grandes meules aujourd’hui couchées au sol dans le sable apporté par le fleuve.

L’ensemble hydraulique attenant à la maison comprend un souterrain amenant l’eau sur 30 mètres depuis la prise en amont des moulins vers un grand bassin-réservoir circulaire. Après avoir, dans sa chute, fourni l’énergie nécessaire pour élever le niveau, un deuxième souterrain permet l’évacuation. Ce dispositif permet de monter l’eau suffisamment haut pour qu’elle puisse ensuite s’écouler, via un canal à ciel ouvert, sur plus d’un kilomètre, jusqu’au château de Lavagnac (XVIIe – XIXe siècles), à quelques kilomètres au sud vers Montagnac.

N’hésitez pas à nous contacter pour organiser une visite de ce lieu ou d’un autre à votre convenance. Le moulin se situe à quelques encablures du village médiéval de Saint Pons de Mauchiens qui mérite tout autant une visite.